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Twitter ou l’épidémiologie open source ?


Monitorer le web est utile dans de nombreux domaines, comme celui de la surveillance de l’état de santé des populations et la détection de nouvelles menaces sanitaires, c’est le domaine de l’épidémiologie.

Bien sûr l’épidémiologie existe depuis bien avant l’émergence du web, mais avec l’évolution de celui-ci, vers le 2.0 et le user generated content notamment, elle connaît de nouvelles perspectives intéressantes à décoder.

Du terrain aux données en ligne

A la base les outils épidémiologiques sont ceux de "la vrai vie", c’est à dire l’expérience du terrain, comme par exemple le Réseau Sentinelles en France, renommé pour sa surveillance de la grippe saisonnière, qui réunit plus de 1300 médecins généralistes, qui centralisent (via le web) de manière hebdomadaire les informations recueillies au cours de leurs consultations sur différentes pathologies infectieuses ou non.

D’autres outils scannent les sources d’information en ligne (fils d’actualité et sites web) et analysent les signaux relatifs à la santé des populations qui sont émis par ces sources. Ce sont notammant des outils développés spécifiquement par les institutions comme le Global Public Health Intelligence Network (GPIHN) de l’Agence de Santé Publique du Canada et de l’OMS ou le Medical Information System (MedISys) de la Commission européenne.

A signaler également, l’interface des sources d’information, en ligne ou issues du terrain, avec la localisation de ces sources qui permet de visualiser les tendances de manière géographique, c’est par exemple le concept de HealthMap, en illustration de ce billet.

Ces outils sont basés sur des applications spécifiques et demandent un travail quotidien de maintien et de vérification de la qualité des sources qui sont pas essence très variables, d’autant que parmi les sources suivies nombreuses sont dites "informelles" (comprendre "non médicales").

Plus récemment des acteurs du web, a priori éloignés du monde de la santé (mais qui le sont de moins en moins…), se sont penchés sur les données échangées sur le web pour les mettre en perspective dans un objectif de recherche épidémiologique. Le cas le plus connu est celui des Google Flu Trends, développées par Google.org, la branche philanthropique du géant de la recherche, qui se base sur les termes de recherche des internautes et qui a montré la relation qui existe entre l’utilisation du moteur de recherche et l’évolution de la grippe saisonnière sur le terrain. Ces travaux ont abouti à une publication dans la revue Nature.

Vers l’épidémiologie "open source"

Là où Google exploite nos ses données tirées des recherches qu’il enregistre quotidiennement, des chercheurs se sont récemment penchés sur des données librement accessibles, échangées par les utilisateurs des réseaux sociaux, et en particulier de Twitter. Ces chercheurs ont ainsi pu s’affranchir du côté propriétaire des applications et des données sources, en accédant à des données informelles ici aussi car non officielles et encore moins validées médicalement.

Dans une étude présentée récemment au congrès européen de l’European Society of Clinical Microbiology and Infectious Diseases, P. Kostkova, E. de Quincey, G. Jawaheer, chercheurs au Centre de recherche en e-santé de la City University à Londres, ont montré l’intérêt de Twitter comme outil d’alerte précoce et de détection d’un événement sanitaire émergent, ici la pandémie de grippe A/H1N1.

Au cours de cette étude, conduite entre mai et août 2009 sur Twitter, ils ont extrait et collecté 1 millions de tweets se rapportant à la grippe A/H1N1, parmi lesquels un certain nombre étaient des annonces à ses followers qu’un utilisateur était atteint de cette fameuse grippe :

We searched and collected over 1 million tweets in the period from May until August 2009 and carry on collecting them on a minute bases to understand public concerns, keywords used and the profile of users who discuss these topics on the web.
Results: We found over 1 million tweets reporting flu related illnesses and symptoms via Twitter in this period. Most popular words in tweets were these (frequency in brackets): flu (138, 260), Swine (99, 179), Have (13, 534), Cases (13, 300), H1N1 (9, 134), Has (8, 010) etc. The actual sentence “I have swine flu” appeared 2, 888 times and “I have flu” 1,530 times. Further evaluation of the collected tweets, semantic relationship of keywords, geolocation of posters is underway and will be presented at the conference.

Source : The potential of Twitter for early warning and outbreak detection (Abstract).

Je vois dans cette information la confirmation de la théorie des signaux faibles (©), chère à mon ami Alain, qui dit qu’un faible volume d’échanges sur twitter correspond à des conversations intenses dans la vrai vie et qui témoigne de l’intérêt de twitter comme outil de veille des conversations on-line et off-line dans le monde, notamment dans la santé.

Des travaux à suivre en tout cas…

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[Billet inspiré de cet article repéré via @StephProd et @jeanlucr]

"Une entreprise sous stéroïdes"

Très bien faite cette animation sur ce géant cet empire* dont l’emprise s’étend un peu plus chaque jour sur nos vies numériques, santé incluse.

*déroulez l’animation jusqu’au bout ;)

[via the Hungry Beast]

Après vos e-mails, Google s’occupe de votre ligne.

Madame T. est femme de ménage. Elle exerce son art chez Monsieur Apap.

Madame T. a un secret : elle utilise la balance de M. Apap régulièrement, sans rien lui dire, pour surveiller sa ligne.

Malheureusement le secret de Madame T. n’en est plus un, car la balance est wifi… et reliée à twitter.

Blague de geek ou coup de pub pour la balance Withings ?

Toujours est il que cette balance au design plutôt réussi (cela ne vous rappelle rien ?) est un exemple typique d’objet connecté dont la vocation première, se peser, est assortie de la possibilité de communiquer, grâce au wi-fi, les résultats et de les rendre accessibles sur Internet pour un usage privé (sur navigateur ou iPhone) ou public (partage sur les réseaux sociaux comme twitter).

Cette tendance des objets connectés – à associer à celle plus large de l’internet des objets - est en pleine essor et on peut imaginer que de plus en plus d’utilisations dans le domaine de la santé vont se développer autour de paramètres suivis régulièrement, afin de mesurer l’évolution d’une fonction de l’organisme comme par exemple la glycémie chez les diabétiques (voir ce post), ou d’autres constantes physiologiques et biologiques, pour adapter un traitement médicamenteux pour prendre un autre exemple.

Outre le suivi de ses données, la fonction de partage est intéressante car elle permet d’associer sa communauté à un objectif personnel à atteindre, par exemple un objectif de perte de poids par un régime alimentaire, ou d’interagir différemment – et en privé – avec son médecin pour des décisions médicales, comme l’adaptation d’un traitement.

D’ailleurs du côté de Withings, la nécessité de proposer une intégration facile du poids corporel dans le suivi et le partage des informations santé au quotidien a été vite comprise, puisque la société propose depuis fin janvier une liaison entre le compte personnel withings et le carnet de santé en ligne Google Health (j’en avais parlé ici au moment de son lancement) avec envoi des données vers la section "tests results" de Google Health.

En résumé, après vos e-mails, vos documents, vos agendas et vos déplacements, Google s’occupe de votre ligne.

Alors, innovation ou menace pour la vie privée ? Je me demande ce que Madame T. en penserait si elle était au courant ;)

Grippe A (H1N1), fin de la vague épidémique confirmée…

… c’est en tout cas l’annonce faite par le Ministère de la Santé le 21 janvier 2010, et c’est aussi la tendance retrouvée par Google dans ses tendances de recherche, avec les termes Grippe A, H1N1 et vaccination H1N1.

Post inspiré par ce tweet de @NicolasLoubet.

liens du jour – 1er octobre 2009 (invitations brizzly inside)

Un "liens du jour" spécial trousse à outils pour bien commencer octobre !

Ça phosphore chez Google qui sort coup sur coup deux outils qui, à défaut de révolutionner le web, font beaucoup parler d’eux depuis quelques jours :

Le premier, SideWiki, a été développé par Google pour commenter le web, pour tout possesseur d’un compte Google : le principe est simple, commenter n’importe qu’elle page web et bien sur réagir, créer un espace de discussion (et le partager sur les réseaux sociaux), en marge de la dite page web, et ce indépendamment de la volonté du propriétaire du site d’offrir cet espace sur son site.
Sidewiki donne donc une dimension sociale à n’importe quel site web et cela peut déstabiliser les acteurs du web encore peu enclins à la discussion car évoluant dans un environnement réglementaire incertain… Vous voyez où je veux en venir… Dans le monde de la santé, du côté de la pharma, on observe et on se demande comment les entreprises vont réagir aux discussions qui ne manqueront pas d’avoir lieu autour des sites et des produits, à coup sûr un sujet qui sera abordé lors de l’audition publique que la FDA organise en novembre sur les relations et utilisations des médias sociaux et de l’industrie pharma.

Le second, Google Wave (qui se fend d’une très loooooongue video de présentation) est un nouvel environnement collaboratif en temps réel, potentiellement évolutif car ouvert aux développeurs. C’est un peu un wiki instantané, un espace de collaboration en temps réel, agrémenté de nombreuses possibilités d’importation et exportation de contenu, pour l’instant en phase de test limitée à 100.000 utilisateurs dans le monde. Alors réelle innovation ou buzz planétaire ? … à suivre !
(si quelqu’un peut m’inviter, je vous en dirai plus)

Enfin, pour les accros à twitter, Brizzly offre une interface web très pratique, avec notamment la fonction de regroupement de contacts… elle même sur le feu chez twitter. Également bien pensés, l’affichage temps réel des contenus multimédia (images, video), l’échange de messages privés sous forme de chat, les liens complets (fini tinyURL and co., on sait où nous emmène le lien depuis un tweet) ou encore la gestion de plusieurs comptes dans la même interface.

Et hop, dix invitations brizzly à récupérer via ce tweet (offre limitée ;) )

liens du jour – 7 mai 2009

[santé 2.0] Asthma Alerts Coming to Your Social Network of Choice – l’état d’Arizona compte s’appuyer sur une batterie d’outils sociaux (twitter, facebook, myspace) pour alerter les personnes asthmatiques sur les situations de pollution qui peuvent déclencher des crises.

[recherche] Study: Google does a brain good – CNN.com – l’activité cérébrale des internautes monitorée, google is good for you :

Web-savvy group had double neural activation than less experienced counterparts
Web-savvy older adults had greater activation in front part of brain
That area of brain controls decision making and complex reasoning

[wikipedia] Physicians Should Contribute to Wikipedia, Researchers Say – iHealthBeat – de plus en plus de recherches sur la santé génèrent du trafic sur wikipedia, les médecins, entre autre, doivent contribuer à améliorer l’information disponible.

[images] 2009 Swine Flu outbreak – The Big Picture – Boston.com – un incontournable parmi mes flux RSS, les séries de photos grand format de Boston.com, dont la dernière édition est ici consacrée à la pandémie de grippe A/H1N1.

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