Encore une passionnante série de photos sur The Big Picture, consacrée aux robots et aux nombreux développements dont ils font l’objet à travers le monde, en particulier dans les applications en santé et dans les services à la personne. Voir à ce sujet mon billet récent sur la robotique humanoïde au service de la personne à l’occasion du Symposium TIC et Santé de janvier 2010, organisé par les pôles de compétitivité Medicen, Cap Digital et System@tic.
Ici l’exemple d’un robot humanoïde développé pour la formation des étudiants en dentaire qui présente des réactions bien humaines comme le saignement et le réflexe de salivation.
A dentist demonstrates a training procedure, using the new humanoid robot named Hanako which was developed by local engineers at universities and a robot maker to aim at training experience to simulate real dental work for student dentists, at Showa University in Tokyo Thursday, March 25, 2010. Hanako is equipped with the set of teeth made of hard plastic and lifelike mouth cavity which can bleeds and flows saliva just as human reflects against stimuli. It also has voice recognition and speech capability so that trainees can just not only improve treatment skill but also learn to hold conversation with the patients to relax them. (AP Photo/Junji Kurokawa)
Un projet de recherche dans le domaine de la prothétique et de l’interface système nerveux / prothèse (projet LifeHand de l’Université de Rome)
Pierpaolo Petruzziello’s amputated hand is linked with electrodes to a robotic hand, seen at top left, as part of an experiment called LifeHand at the Bio-Medical Campus University of Rome. The experiment is designed to allow a human to control the prosthetic with their thoughts. A group of European scientists announced in December of 2009 that they successfully connected a robotic hand to a man, Petruzziello, who had lost an arm in a car accident, allowing him to control the prosthetic with his thoughts and feel sensations in the artificial limb. The experiment lasted a month. But scientists say it marks the first time an amputee has been able to make complex movements using his mind to control a biomechanic hand connected to his nervous system. (AP Photo/Courtesy of Bio-Medical Campus University)
La médecine est donc un domaine privilégié de recherche et de développement de la robotique, mais on peut constater que le domaine de la défense, notamment aux Etats Unis, ou d’autres secteurs plus ludiques ou même artistiques font également l’objet de projets innovants.
De superbes clichés d’imagerie cellulaire en plein coeur de Manhattan, c’est la campagne “Lighting up Times Square with Cellular Magic” de GE Healthcare et une occasion originale de promouvoir sciences de la vie et esprit créatif.
… c’était le titre un peu ambitieux de la session du Médec 2010 consacrée à la e-santé, hier mercredi 17 mars.
Ambitieux aux dires même de Dominique Lehalle, l’animatrice de cette session parrainée par l’Agence des Systèmes d’Information Partagés de santé, ou ASIP Santé (ex-GIP DMP), puisqu’en 1h30 il était entendu qu’il serait impossible de cerner l’exercice de la médecine en 2015 et de proposer une visite du “cabinet médical du futur”*.
Salle comble au début (moins à la fin) de cette session e-santé donc, au cours de laquelle ont été abordés les thèmes concourant à créer un environnement favorable aux solutions de télémédecine et e-santé :
Contraintes démographiques : moins de médecins et des manières d’exercer la médecine qui évoluent (regroupement, partages des tâches), une population vieillissante et une augmentation de la part des maladies chroniques…
Contraintes économiques : un système de santé déficitaire, des choix à faire en terme de rémunération des actes médicaux…
Demande sociétale grandissante d’accès aux soins, aux services et biens de santé, le patient au coeur et véritable acteur “prescripteur” du système de santé…
Contexte réglementaire en évolution (loi HPST, ARS, maisons de santé…) et volonté politique de développer l’e-santé en France…
Cependant des obstacles restent encore à lever : optimisation des systèmes d’informations, de leur interopérabilité, permettant que les données soient partagées entre tous les acteurs, en ville et à l’hôpital. De plus la question du business model et des ressources que les pouvoirs publics sont prêts a consacrer aux solutions de télémédecine est à nouveau posée : les temps actuels sont peu propices aux investissements et plutôt à la maîtrise des coûts de santé.
En guise d’illustration, on retiendra la présentation du dispositif Intel Health Guide, de suivi à domicile de patients âgés chroniques, basé sur une interface localisée au domicile, permettant un monitoring à distance du patient accompagné de programmes d’éducation thérapeutique.
Ce dispositif a été déployé en dans le Lothian, en Ecosse, sous l’égide de la branche locale du NHS, en phase pilote auprès d’une cohorte de 30 patients, visant à tester l’adhésion à ce type de solution de télémédecine.
A voir pour comprende, cette vidéo, projetée durant la session, présentant le dispositif et le retour des différents intervenant y ayant pris part (avertissement : bonnes connaissances de l’anglais avec fort accent écossais requises pour comprendre toutes les subtilités de l’appréciation : ) )
Tous ce dispositif est marqué CE, et sera disponible en France à la mi 2010.
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* à ce sujet et en mode ‘retour vers le futur’, il est toujours plaisant de trouver sur le web, des archives datant de 1999 (ce qui à l’échelle du web correspond à peu près la sortie de la pré-histoire), janvier 1999 donc et ce colloque au titre prometteur : L’Informatisation du Cabinet Médical du Futur.
l’iPad n’est pas encore arrivé de ce côté ci de l’Atlantique que déjà les spéculations vont bon train sur son succès commercial et ce depuis que sont disponibles les premières estimations de précommandes, possibles aux US depuis vendredi dernier, journée au cours de laquelle 90.000 tablettes ont été réservées pendant les 6 premières heures.
A ce rythme, ce sont 5 millions d’iPad que devrait vendre Apple en 2010, d’après Macworld.co.uk.
(On passera sous silence l’effondrement de cette engouement précoce durant les journées de samedi et dimanche, où les commandes ont stagnées à seulement environ 1000 par heure, ce qui prouve que même les mac-addicts vont à la pêche le week-end).
Le (déjà fameux) prochain blockbuster de Steve Jobs sera donc disponible début avril, le 3, chez nos cousins américains, tandis que l’Europe, et tout du moins la France devra patienter jusqu’à fin avril (date non précisée) pour mettre la main sur le joujou. La comparaison des Apples Stores est d’ailleurs assez intéressante : aux US, on peut commander et on sait quand on sera livré, chez nous par contre, on laisse un mail et on attend qu’Apple nous recontacte pour nous en dire plus sur la sortie prévue “fin avril” donc !
Bref, après cette longue introduction sur la future ardoise magique d’Apple – vous allez le voir, c’est complètement lié – juste quelques lignes pour vous signaler cette vidéo de présentation de la table d’autopsie virtuelle du Norrköping Visualization Centre développée en collaboration avec le Centre d’imagerie médicale de l’Université suédoise de Linköpings.
Le corps à autopsier est intégralement “numérisé” par les techniques les plus pointues d’imagerie médicale, et les légistes exercent leur art via une interface multi-touch assez bluffante, et qui n’est pas sans rappeler celle des écrans iPhone et bientôt iPad !
Et comme le précisent les développeurs…
The visualization techniques used in this table is already utilized successfully as a compliment to the conventional autopsy. Apart from avoiding cutting in the body the medical experts, such as coroners, can see things that are difficult to discover in a conventional autopsy. Furthermore, the technique opens up for new opportunities in countries where autopsies are not accepted due to cultural reasons. The technique will revolutionize the traditional health care in many areas.
Pour prendre un raccourci qui n’engage que moi, et sur le modèle de cette table d’autopsie virtuelle, Apple va avec l’iPad démocratiser l’accès à la visualisation de données complexes, manipulables tactilement, et offrir un outil de formation et de communication révolutionnaire, notamment en santé.
Je parlais dans mon post précédent de la tendance, en terme d’interface santé / nouvelles technologies, des dossiers médicaux électroniques. Un grand nombre d’acteurs se positionnent en effet pour proposer des applications en ligne, utiles pour les patients et les professionnels de santé, garantissant le respect des données personnelles et facilement accessibles par les professionnels de santé pour améliorer les soins de routine ou en situation d’urgence.
Suite à ce post, qui mettait en avant des sociétés nord-américaines, Adam Mohammed Selamnia a réagi sur twitter pour signaler l’existence de l’initiative française, Sanoia.com, de fiche santé en ligne utilisée particulièrement en situation d’urgence, moment critique durant lequel l’accès aux données médicales du patient est essentiel pour bien orienter la prise en charge.
Adam s’est prété au jeu de l’interview afin de présenter dans le détail Sanoia, et je l’en remercie !
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- Peux tu te présenter et présenter Sanoia.com, ainsi que ton rôle dans le projet ?
Je suis Adam Mohammed SELAMNIA. Je suis consultant en Marketing & Santé depuis près de 10 ans et co-fondateur de l’Association pour l’Innovation en situation d’Urgence (AIMSU) et du site Sanoia.com avec Hervé SERVY (Président de l’AIMSU et ex-Directeur Marketing EMEA chez Microsoft) pour lequel je participe en qualité de Directeur Scientifique. Au sein de l’AIMSU nous avons un comité scientifique de plus de 20 médecins en charge de la production de la matière médicale pour Sanoia.com. Par ailleurs, nous avons dans notre équipe des spécialistes de l’IT et collaborons avec des instituts de recherche sur les notions d’anonymat et d’Identité Numérique.
Sanoia.com permet à chacun de disposer sur Internet de sa «fiche-santé ».
Anonyme et gratuite, cette fiche récapitule les informations médicales essentielles à une prise en charge en urgence : antécédents médicaux, traitements suivis, maladies chroniques, vaccins, allergies… Elle est accessible à tout médecin, en France et à l’étranger, 24h/24 et maintenant en plusieurs langues, grâce à un numéro sécurisé que le titulaire de la fiche conserve sur lui. En prenant ainsi connaissance du profil médical de leur patient, les médecins – notamment les urgentistes – peuvent alors améliorer leur prise en charge. La Commission Nationale Informatique et Liberté (CNIL) a accompagné Sanoia et a conclu à son strict respect de la vie privée grâce à son anonymat innovant.
C’est donc clairement un outil Santé 2.0 qui place l’individu qu’il soit sain ou souffrant d’une pathologie au centre du dispositif et qui en fait le propriétaire et le responsable de ses données de santé. Il accompagne donc les changements sociétaux caractérisés par l’appropriation par le patient des ses informations personnelles tout en lui procurant une forte et absolue garantie de confidentialité.
- Quelles sont les origines du projet et constats qui ont conduit à cette idée ? Comment le projet a t’il été conçu et développé ?
L’équipe est née en 2008 du constat médical suivant : Pour près de 2 personnes sur 3, l’absence d’informations médicales sur le patient lors d’un acte médical est responsable d’une forte iatrogénie (300 000 accidents par an en France et plus de 10 000 décès).
De plus, les causes médicales sous-jacentes sont en augmentation :
· vieillissement de la population appelant de facto une plus grande médication source d’interactions,
· prévalence des pathologies chroniques qui impactent le choix d’un traitement,
· plus grande mobilité voire nomadisme médical (consulter plusieurs médecins) empêchant le professionnel d’avoir une vision globale du patient…
Enfin, tous ces phénomènes se trouvent amplifiés en situations d’urgence lorsque le temps presse pour prendre les bonnes décisions et que les informations disponibles sur le patient sont inexistantes (près de 80% des situations…).
Mais consciente que l’information médicale peut être une source d’indiscrétion, d’inquiétudes quant à sa vie privée, voire de ségrégation, et que nulle technologie “internet” ne pouvait à priori être fiable, notre équipe a rapidement compris qu’il fallait revoir les axiomes de l’identification des individus.
Nous avons décidé ensemble d’explorer de nouvelles pistes de gestion de l’information médicale.
Quelques mois plus tard, Sanoia, le premier service de fiche santé anonyme d’urgence est né…
Le projet est exploitée par une association soutenue par des structures publiques de valorisation de la Recherche (Incubateur Belle de Mai). Nous avons adopté dès le départ un développement itératif en associant médecins généralistes, médecins urgentistes et patients. La version actuelle concentre plus d’un an de mise au point et essais en conditions réelles. A ce jour nous avons déjà plus de 10 000 personnes enregistrées dans Sanoia et le site a reçu en décembre 2009 le trophée du Meilleur Site Web Santé, dans le cadre du colloque « Médias et santé » organisé en décembre 2009 à Marseille par le quotidien La Provence et l’Université de la Méditerranée.
- Quel est le “business model” de sanoia.com ?
L’association propose via une structure privée sise à l’incubateur Belle de Mai, des services informatiques d’intégration.
En effet des acteurs de la donnée médicale (hôpitaux, éditeurs de logiciels médicaux) sont interessés pour s’intégrer à Sanoia afin de nous déposer une partie de leurs données pour offrir un nouveau service au patient.
Basé sur l’Open source, les services de base sont gratuits pour le patient. A terme et afin d’être rentable, il n’est pas exclu de développer des services complémentaires et optionnels payants à valeur ajoutée. Le modèle économique est donc celui d’un freemium de type indirect à court terme (gratuit pour le patient pour les options de base, payant pour les partenaires institutionnels ou privés) et freemium de type direct à plus long terme (gratuit pour le patient pour les options de base, et payant pour les options complémentaires).
De plus avec l’arrivée prochaine du Dossier Médical Personnel, nous voyons là des pistes prometteuses d’intégration et une accélération de l’informatisation de la médecine. Car Sanoia n’est aucunement un concurrent au DMP mais un complément circonstancié aux urgences et à l’accès international.
- Comment vois tu le futur des données médicales en ligne et plus généralement celui du web santé ?
La donnée médicale est particulière car c’est la seule donnée que nous ne choisissons pas et dont nous ne prenons pas le risque de transformer car si l’internaute a plusieurs vies sur le web, les informations relatives à sa santé ne peuvent être que réelles. Cette donnée médicale est très dangereuse si elle est utilisée à des fins de “recoupement” car notre état de santé peut influencer une grande partie de nos actions civiles, administratives, financières, consommatrices… Comme le dit JY Robin de l’ASIP, “rien ne se fera s’il n’y pas de confiance. Et la confiance en matière de santé passe par des garanties éthiques très fortes.”
C’est pour cela que notre premier soutien, et nous en sommes très heureux, fut le Comité Consultatif National d’Ethique (CCNE) qui nous demanda d’apporter notre éclairage en 2008 pour illustrer leur rapport sur le DMP et les risques éthiques…
Quant au web santé, il est évident qu’il va continuer à influencer et modifier grandement la relation médecin / patient.
S’il ne la remplacera pas, cela va à mon avis dans le bon sens car il permet au patient d’être mieux informé et de devenir plus acteur de sa santé. Par contre dans tout nouvel usage, des excès sont classiques au début (forums trop alternatifs, consultation médicale à base de quizz….), mais au final cela se stabilise vers une situation en générale équilibrée et saine …
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Je complète les propos d’Adam par une vidéo tirée du youtube de Sanoia.
Deux catégories ont retenu mon attention, Health Care et Biotech, et voici une lecture synthétique de ce que l’on peut en retenir :
Côté santé, plusieurs tendances se dessinent :
Le développement des dossiers médicaux électroniques (EMR) : Athenahealth (#3 santé #43 global) et son EMR en ligne pour diminuer la paperasse au cabinet médical, ou la HMOKaiser Permanente (#5 santé) qui travaille avec le département des Vétérans US pour développer les échanges de données médicales et l’interopérabilité des systèmes. GE est également dans la course,
Le succès confirmé du modèle de réseau social en santé, tant pour les patients, avec PatientsLikeMe (#2 santé #23 global) ou que pour les professionnels, avec Sermo (#4 santé),
Les applications basées sur le web pour répondre à de nouvelles attentes des patients, AmericanWell (#10 santé) et la consultation médicale en ligne, ou encore à nouveau Athenahealth qui s’adresse aux médecins,
Des innovations “en dur” : les dispositifs ultra-portables (échographie, ECG…) pour GE (#1 santé #19 global), la robotique médicale pour Intuitive Surgical (#7 santé), les implants rétiniens pour Second Sight (#9 santé),
Et encore, l’éducation thérapeutique le coaching personnalisé dans les maladies chroniques pour la chaîne de pharmacies Walgreen (#6 santé) ou les solutions de médecine à distance en zone rurale pour Cisco System (#8 santé #17 global).
En biotech, 8 entreprises parmi les 10 classées le sont avec des applications pour la santé :
Les vaccins et particulièrement de nouvelles techniques de production industrielle pour Novartis (#1 biotech, #8 global) et Novavax (#9 biotech), mais aussi les médicaments issus des biotech, que sont anticorps monoclonaux et protéines recombinantes pour Roche/Genentech (#4 biotech) et Regeneron Pharmaceuticals (#10 biotech)
La médecine régénératrice basée sur les propriétés des cellules souches pour Cytori Therapeutics (#3 biotech) et Osiris Therapeutics (#6 biotech),
Les applications issues de la connaissance du génome et du développement des -omics (voir mon post récent à ce sujet) : médicament développé sur une hypothèse génétique pour Human Genome Sciences (#5 biotech),
Enfin, la stratégie de Biogen Idec (#5 biotech), que l’on aurait pu retrouver également dans la catégorie Health Care, qui développe des programmes d’accompagnement des patients traités par son médicament phare contre la sclérose en plaques.
Il faut noter que Biotech et Health Care sont distingués par Fast Company, peut être de manière délibérée pour faire rentrer plus d’entreprises dans les différents top ? ce qui signifierait, et confirmerait que biotech et santé sont des secteurs étroitement liés et porteurs d’innovation !
Même si la majorité des entreprises citées et classées est nord-américaine – quelques acteurs européens sont présents en bonne place dans la catégorie biotech – Fast Company propose des focus régionaux sur l’Inde et sur la Chine.
Et l’entreprise la plus innovante pour Fast Company en ce début d’année 2010 ? 15 millions de Français en sont “client” ou l’ont au moins utilisé une fois, vous voyez de qui je veux parler ?