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Articles de la catégorie ‘pharma’

Novartis et PatientsLikeMe s’associent dans la transplantation

PatientsLikeMe a annoncé hier la création d’une douzième communauté au sein de son réseau de patients. Cette nouvelle communauté rassemble des personnes transplantées et est développée en partenariat avec Novartis, laboratoire présent sur le marché des médicaments de transplantation.

Novartis avait déjà établi un partenariat avec le réseau PatientsLikeMe en 2008, dans le domaine de la recherche clinique en sensibilisant les membres de la communauté à un essai clinique sur la sclérose en plaques. Le partenariat signé hier par Novartis est à rapprocher de celui établi dans le domaine de l’épilepsie par UCB il y a quelques mois.

Même si les détails, financiers notamment, du deal ne sont pas connus, on peut supposer que Novartis aura une forme d’accès privilégié aux données échangées par les patients transplantés : indicateurs de qualité de vie, symptômes, traitements…

Ben Heywood, co-fondateur de PatientsLikeMe sera présent à Paris en avril prochain pour la conférence Health 2.0 Europe, certainement une occasion de rentrer dans le détail des nombreux partenariats tissés par le réseaux, notamment avec les acteurs de la Pharma et de la Biotech.

[illustration : PatientsLikeMe]

FDA, Pharma et web social : le débat est ouvert

En novembre 2009, la FDA a organisé une audition publique avec les parties prenantes de la communication sur les produits de santé sur le web et dans les médias sociaux. Aujourd’hui sont accessibles sur le site regulations.org, les positions et commentaires des parties prenantes en réponse à la consultation de la FDA, dont celles présentées par des industriels de la santé (AstraZeneca, Lilly, Pfizer, Medtronic…), des acteurs du web santé (WEGOhealth, PatientsLikeMe…), des agences (Publicis, Edelman…), des associations et sociétés savantes, ou des bloggueurs comme John Mack et son Pharma Marketing Blog.
Parmi ces positions, figure celle présentée collectivement pour les industriels pharmaceutiques par PhRMA, le syndicat US de la pharma, à laquelle je me suis intéressé.
Pour une vue large sur cette audition publique, ses suites et les nombreuses ressources disponibles, le site FDAsm.com agrège toutes les informations et conversations sur ce thème et mérite une longue visite.

En préambule, il faut signaler que ce débat est très orienté US et est donc marqué par le contexte de la communication santé sur le web aux USA : taux d’adoption des médias sociaux particulièrement élevé, en santé notamment, publicité grand public autorisée pour les produits soumis à prescription médicale, enjeux juridiques et légaux majeurs pour les laboratoires…
Néanmoins, l’existence même de ce dialogue piloté par la FDA témoigne de l’évolution apportée globalement par le web et les nouvelles technologies dans les échanges concernant la santé et il est intéressant d’en observer les enjeux de notre point de vue européen et français.

Pour en revenir à la position de PhRMA, son objectif peut se résumer à la définition de standards pour communiquer en ligne sur les produits de santé régulés par la FDA, de manière responsable, par les fabricants de ces produits.

En effet, il est maintenant acquis que le web et le web 2.0 sont de plus en plus utilisés pour accéder et échanger des informations sur la santé et les médicaments, et que la question de la qualité et de la véracité de ces informations se pose en permanence.
Par ailleurs dans le constat de départ, il est important de garder en tête que le web ne peut pas donner toutes les réponses aux interrogations des internautes mais peut provoquer un nouveau dialogue entre tous les acteurs : patients, médecins… et industriels !

PhRMA note l’évolution nécessaire de la réglementation actuelle qui est adaptée aux médias et à la communication traditionnelle vers une réglementation adaptée aux nouveaux outils et nouvelles manières d’intéragir (messages courts, mobilité par exemple). Le syndicat note que la FDA et généralement le gouvernement US font déjà une utilisation massive des technologies 2.0 : blogs, réseaux sociaux, vidéo… L’industrie souhaite mettre à profit ces outils et entrer dans la conversation à son tour !

PhRMA invite donc la FDA à faciliter l’accès à une information santé rigoureuse, vérifiée et scientifiquement exacte, concernant les marchés et produits qu’elle régule, et notamment à faciliter l’accès à l’information des fabricants soumise à contrôle de la FDA.
De plus, l’argument de la diffusion sur le web de médicaments non autorisés, issus de marchés illicites, contrefaits, incite les indutriels à demander à la FDA d’imaginer des façons de communiquer en phase avec ces nouveaux outils, permettant aux utilisateurs finaux de faire la distinction entre les produits originaux et ceux présentant des risques.

Un symbole universel garantissant l’information sur les médicaments

Parmi ces propositions, l’industrie pharma souhaite introduire le concept d’information “contrainte par l’espace”, une information courte, préliminaire (“brief introduction”) incluant des informations minimales sur le produit : sa désignation, son indication, un message rappelant les risques liés à sa consommation et un lien vers une information complète et validée réglementairement par la FDA.

Par ailleurs, PhRMA propose de créer un symbole universel – un logo FDA par exemple – pour tagger et garantir cette information courte sur les produits régulés, qui incluerait un lien vers les informations complètes, notamment sur le rapport bénéfice/risque, sur une page validée réglementairement.

Pour les résultats de recherche, et notamment pour ceux qui amènent des liens publicitaires (Google AdWords par exemple), idem, PhRMA demande à pouvoir afficher cette “information réduite”, avec lien vers l’information complète : cette proposition est la réponse des industriels aux warning letters de la FDA en 2009 qui mettait en garde les laboratoires sur l’utilisation des liens sponsorisés Google qui correspondait à la diffusion d’informations incomplètes allant à l’encontre de la réglementation.

PhRMA met également en avant le microblogging (twitter en tête) comme outil utile à la diffusion de l’informations santé, et dans lequel la FDA s’est largement engagé (voir le compte @FDA_drug_info). Les industriels souhaitent pouvoir communiquer sur les médicaments et en particulier sur les événements réglementaires qui leur sont liés, approbation, nouvelles indications, rappels de lots… Les laboratoires veulent twitter de manière responsable, avec des liens vers des contenus complets en accord avec la réglementation.

Traquer et corriger l’information erronée

Comme mentionné dans la position de PhRMA…

“Social media have expanded the opportunity for the public to publish their thoughts but have decreased the ability of manufacturers to identify and correct inaccurate information about their products”.

La pharmacie US veut avoir la possibilité de corriger les informations erronées diffusées sur ses produits, notamment sur les blogs ou les wikis (sidewiki, wikipedia), qui peuvent entraîner des risques pour la santé publique, sans que cela soit considéré comme de la publicité par la FDA avec en conséquence une communication contrainte réglementairement.

La problématique de responsabilité des fabricants devant les informations diffusées sur le web par des tiers se pose également : les laboratoires avouent de pas pouvoir monitorer l’intégralité de ce qui est dit sur leurs produits sur le web, et ils ne peuvent et ni veulent être tenus pour responsable de toute l’information circulant.

Afin de dessiner une frontière claire sur le niveau de responsabilité, PhRMA propose plusieurs critères pour cerner les sites web dont les industriels seraient responsables en terme de contenu : des sites web entièrement contrôlés et financés par l’industriel, ou des sites sur lesquels le laboratoire administre le contenu (il peut éditer, modifier, supprimer le contenu généré par un tiers). Dans ces cas, la régulation FDA sur la promotion et l’information des produits s’appliquerait, même si les commentaires d’un tiers sur ces sites de ne devraient pas être considérés comme un message de promotion dont le laboratoire serait responsable.
Par ailleurs, PhRMA proposer d’identifier les personnes affiliées au laboratoire et qui contribuent à des contenus sur le web, une déclaration d’intérêt serait alors accessibles en lien avec ces contenus, PhRMA fait une référence dans ce cadre à la position de la FTC sur la rémunération des bloggeurs.

Le casse-tête des effets indésirables ?

Concernant les effets indésirables qui sont partagés par les patients, il y a nécessité de canaliser les informations pour ne retenir que celles qui sont pertinentes et pour lesquelles le lien de causalité peut être établi.
Les laboratoires ont en effet l’obligation de rapporter à aux autorités les effets indésirables dont ils ont connaissance, afin de faire évoluer les connaissances sur les produits et leurs modes d’utilisation.
A nouveau se pose le problème du volume et de la véracité des informations diffusées en ligne, PhRMA souhaite que ne soient retenus que les effets pour lesquels quatre critères essentiels pour déclencher un rapport d’effet indésirable sont présents, selon la réglementations US : un patient identifié, une personnes identifiée qui rédige le rapport d’effet indésirable (le plus souvent un médecin), pour un médicaments et un effet indésirable.

Sur le web, ces critères sont difficilement transposables, le patient étant en général le reporter, parfois anonyme, et pas toujours facilement identifiable et joignable.
A ce titre, les laboratoires souhaitent ne retenir que les effets indésirables exprimés par des personnes qu’ils peuvent facilement contacter. Quand une information est trop vague pour déclencher un rapport d’effet indésirable, l’industriel souhaite pouvoir poster un message qui incite la personne qui a diffusée l’information à le contacter pour une investigation complète.
Dans le même temps, les sites promotionnels de la pharma ne doivent pas avoir pour objet de rapporter des effets indésirables, les laboratoires préférant indiquer qui contacter au sein du laboratoire ou de la FDA.
Enfin, le cas des sites tiers de reporting d’effet indésirable est évoqué. Les industriels monitorent ces sites mais ne souhaite pas à avoir à traiter tous les effets qui y sont répertoriés. En effet, ils préféreront privilégier l’approche “Sentinel” de la FDA, ou développer des espaces web dédiés à collecter les effets indésirables, selon le cadre réglementaire en vigueur.

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La FDA statuera t’elle en 2010 par des guidelines sur le web social et l’information sur les médicaments ? Et le sujet suscitera t’il les mêmes débats en Europe ?

A suivre…

Santé, biotech : qui innove en 2010 ?

Fast Company vient de publier son top des 50 entreprises les plus innovantes de ce début 2010.

Speed

Deux catégories ont retenu mon attention, Health Care et Biotech, et voici une lecture synthétique de ce que l’on peut en retenir :

Côté santé, plusieurs tendances se dessinent :

  • Le développement des dossiers médicaux électroniques (EMR) : Athenahealth (#3 santé #43 global) et son EMR en ligne pour diminuer la paperasse au cabinet médical, ou la HMO Kaiser Permanente (#5 santé) qui travaille avec le département des Vétérans US pour développer les échanges de données médicales et l’interopérabilité des systèmes. GE est également dans la course,
  • Le succès confirmé du modèle de réseau social en santé, tant pour les patients, avec PatientsLikeMe (#2 santé #23 global) ou que pour les professionnels, avec Sermo (#4 santé),
  • Les applications basées sur le web pour répondre à de nouvelles attentes des patients, AmericanWell (#10 santé) et la consultation médicale en ligne, ou encore à nouveau Athenahealth qui s’adresse aux médecins,
  • Des innovations “en dur” : les dispositifs ultra-portables (échographie, ECG…) pour GE (#1 santé #19 global), la robotique médicale pour Intuitive Surgical (#7 santé), les implants rétiniens pour Second Sight (#9 santé),
  • Et encore, l’éducation thérapeutique le coaching personnalisé dans les maladies chroniques pour la chaîne de pharmacies Walgreen (#6 santé) ou les solutions de médecine à distance en zone rurale pour Cisco System (#8 santé #17 global).

En biotech, 8 entreprises parmi les 10 classées le sont avec des applications pour la santé :

  • Les vaccins et particulièrement de nouvelles techniques de production industrielle pour Novartis (#1 biotech, #8 global) et Novavax (#9 biotech), mais aussi les médicaments issus des biotech, que sont anticorps monoclonaux et protéines recombinantes pour Roche/Genentech (#4 biotech) et Regeneron Pharmaceuticals (#10 biotech)
  • La médecine régénératrice basée sur les propriétés des cellules souches pour Cytori Therapeutics (#3 biotech) et Osiris Therapeutics (#6 biotech),
  • Les applications issues de la connaissance du génome et du développement des -omics (voir mon post récent à ce sujet) : médicament développé sur une hypothèse génétique pour Human Genome Sciences (#5 biotech),
  • Enfin, la stratégie de Biogen Idec (#5 biotech), que l’on aurait pu retrouver également dans la catégorie Health Care, qui développe des programmes d’accompagnement des patients traités par son médicament phare contre la sclérose en plaques.

Il faut noter que Biotech et Health Care sont distingués par Fast Company, peut être de manière délibérée pour faire rentrer plus d’entreprises dans les différents top ? ce qui signifierait, et confirmerait que biotech et santé sont des secteurs étroitement liés et porteurs d’innovation !

Même si la majorité des entreprises citées et classées est nord-américaine – quelques acteurs européens sont présents en bonne place dans la catégorie biotech – Fast Company propose des focus régionaux sur l’Inde et sur la Chine.

Et l’entreprise la plus innovante pour Fast Company en ce début d’année 2010 ? 15 millions de Français en sont “client” ou l’ont au moins utilisé une fois, vous voyez de qui je veux parler ?

[photo : tubes / flickr]

links for 2010-02-17

Sympo TIC & Santé, 22 janvier : System biology, omics, translational cancer medicine

System biology, omics, translational cancer medicine” était le thème de la première conférence de la matinée TIC & Santé du 22 janvier dernier, présentée par Yves Pommier, patron du Laboratoire de Pharmacologie Moléculaire du National Cancer Institute.

Une conférence passionnante et très pointue sur l’apport des systèmes de connaissances au drug discovery dans les domaines de la bioinformatique, de la fouille de données (ou data mining) et des -omics.

Le Laboratoire de Pharmacologie Moléculaire du National Cancer Institute intervient en amont dans le processus d’identification de nouveaux anti-cancéreux en criblant des molécules candidates sur des lignées cellulaires qui constituent des modèles expérimentaux de différents types de tumeurs.

Croiser une base de plus de le 500.000 molécules sur 60 modèles cellulaires génère une immense quantité de données, d’autant qu’avec les avancées de la génétiques des 2 dernières décennies, les paramètres d’analyse se multiplient : de la “simple” toxicité des molécules sur les cellules, on est passé à l’analyse des interactions entre les molécules et l’ADN des cellules tumorales (analyse de l’expression génique – au niveau de l’ADN et de l’ARN – des cellules exposées aux molécules testées).

Un profil d’expression génique des cellules exposées aux potentiels anti-cancéreux est ainsi obtenu qui porte sur plusieurs milliers de gènes par lignée cellulaire.

En plus de qualifier les molécules à tester et de les sélectionner pour des recherches ultérieures, cette approche permet également de comprendre le rôle des gènes et de leurs dérivés (les micro-ARN par exemple) dans les mécanismes tumoraux en comparant les résultats entre lignées cellulaires, et d’identifier des gènes spécifiques de chaque type de tumeur.

En plus de ce côté analytique qui requiert des puissances importantes de calcul, la base de données des molécules testées est ouverte puisqu’elle peut être alimentée par de nouveaux composés synthétisés par l’industrie pharmaceutique et biotech ou par des labos académiques. Les molécules anticancéreuses sur le marché y sont également ajoutées.

Les données issues des analyses sont disponibles pour la communauté scientifique à partir d’une page web, qui permet d’accéder aux bases de données et aux applications bioinformatiques du laboratoire.

Outre la présentation par Yves Pommier d’applications bioinformatiques dans le domaine de la découverte de médicaments, il faut retenir à mon sens de cette première session le modèle de recherche participative et ouverte, par l’accès et le partage des outils, des modèles expérimentaux et des résultats. Ceci n’est pas sans rappeler une initiative comparable dans le secteur privé, que j’avais abordé ici.

Dans un prochain post, pour poursuivre sur ce symposium TIC & Santé, je reviendrai sur la présentation du robot Nao par Aldebarran Robotics et de ses applications dans le domaine de la santé.

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Si j’ai raconté n’importe quoi sur la génétique, n’étant pas spécialiste, n’hésitez pas à me corriger dans les commentaires !

[image : 'The thrillingness that is systems biology' / alisoncownie sur flickr]

liens du jour – 1er octobre 2009 (invitations brizzly inside)

Un “liens du jour” spécial trousse à outils pour bien commencer octobre !

Ça phosphore chez Google qui sort coup sur coup deux outils qui, à défaut de révolutionner le web, font beaucoup parler d’eux depuis quelques jours :

Le premier, SideWiki, a été développé par Google pour commenter le web, pour tout possesseur d’un compte Google : le principe est simple, commenter n’importe qu’elle page web et bien sur réagir, créer un espace de discussion (et le partager sur les réseaux sociaux), en marge de la dite page web, et ce indépendamment de la volonté du propriétaire du site d’offrir cet espace sur son site.
Sidewiki donne donc une dimension sociale à n’importe quel site web et cela peut déstabiliser les acteurs du web encore peu enclins à la discussion car évoluant dans un environnement réglementaire incertain… Vous voyez où je veux en venir… Dans le monde de la santé, du côté de la pharma, on observe et on se demande comment les entreprises vont réagir aux discussions qui ne manqueront pas d’avoir lieu autour des sites et des produits, à coup sûr un sujet qui sera abordé lors de l’audition publique que la FDA organise en novembre sur les relations et utilisations des médias sociaux et de l’industrie pharma.

Le second, Google Wave (qui se fend d’une très loooooongue video de présentation) est un nouvel environnement collaboratif en temps réel, potentiellement évolutif car ouvert aux développeurs. C’est un peu un wiki instantané, un espace de collaboration en temps réel, agrémenté de nombreuses possibilités d’importation et exportation de contenu, pour l’instant en phase de test limitée à 100.000 utilisateurs dans le monde. Alors réelle innovation ou buzz planétaire ? … à suivre !
(si quelqu’un peut m’inviter, je vous en dirai plus)

Enfin, pour les accros à twitter, Brizzly offre une interface web très pratique, avec notamment la fonction de regroupement de contacts… elle même sur le feu chez twitter. Également bien pensés, l’affichage temps réel des contenus multimédia (images, video), l’échange de messages privés sous forme de chat, les liens complets (fini tinyURL and co., on sait où nous emmène le lien depuis un tweet) ou encore la gestion de plusieurs comptes dans la même interface.

Et hop, dix invitations brizzly à récupérer via ce tweet (offre limitée ;) )

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