Archives de catégorie : pharma

Le wiki #hcsmeu

#hcsmeu pour Healthcare Social Media EUrope, la communauté des européens (et plus) intéressés par l’intérêt des médias sociaux en santé, a maintenant un wiki.

Le but de ce wiki est de construire un hub de connaissances sur les médias sociaux en santé, en référençant toutes les initiatives dans le domaine : blogs, communautés, sites participatifs…

Tout le monde peut contribuer, c’est le principe du wiki.

A propos d’hcsmeu :

hcsmeu is chronicling, but also seeking to influence, the evolution of the health conversation on the social web in Europe and beyond. It seeks to democratize the health conversation between patients, healthcare professionals, the pharmaceutical industry and other key stakeholders. It does not ‘belong’ to any one of these constituencies.
hcsmeu does not currently have a business model. No-one pays anything to participate, and no-one gets paid. All hcsmeu activities are undertaken on a goodwill basis.
hcsmeu was co-founded by Silja Chouquet and Andrew Spong in August 2009.
hcsmeu holds a live Twitter-driven event every Friday at 1pm CET (noon UK time).
Participants conduct three separate 20 minute debates during each event that focus on questions previously submitted to a topic archive by members of the community. Please click on the the #hcsmeu archive tab above to consult a curated PDF library of the community’s debates.
hcsmeu uses the hashtag #hcsmeu.
hcsmeu is pronounced ‘hick some you’. We think ;)

NiCox et FDA : « on refait le match » sur twitter

Pas facile la vie d’une biotech quand les autorités ne sont pas encore prêtes à donner accès au marché à son produit le plus avancé. Et pas facile de garder la confiance des actionnaires qui ont investit pour supporter la R&D et espèrent voir de la valeur générée par le produit afin au minimum de rentrer dans leurs frais et si possible de multiplier la mise initiale.

@supergelule résume bien la situation et déclenche le mini-buzz biotech du jour sur twitter :

NiCox société de biotech française créée en 1996 vient d’essuyer un avis peu encourageant de la FDA suite au dépot d’une demande d’AMM pour son produit phare le Naproxcinod dans le soulagement des signes et symptômes de l’arthrose. La FDA reproche en effet à NiCox un manque de données sur l’efficacité et la sécurité d’emploi de son médicament sensé, par la nature de son mécanisme d’action (Inhibiteur de Cyclooxygénase Donneur d’Oxyde Nitrique), entrainer notamment moins d’effet néfaste sur la pression artérielle et présenter une meilleure tolérance gastro-intestinale que les AINS conventionnels pour une efficacité équivalente, ce qui ferait du Naproxcinod une alternative avantageuse par rapport aux produits déjà présents sur le marché.

Sur twitter on compatît, on se dit que rien n’est perdu et que d’autres produits promoteurs sont dans le pipeline, en cardio et en ophtalmo notamment (et justement @grangeblanche et @JFG qui en connaissent respectivement un rayon, participent à la conversation), mais que ces produits ont encore un bout de chemin à parcourir et que certaines vieilles histoires de familles (mariages, divorces et enterrements) leur collent un peu à la peau. Bref on refait le match, en 140 caractères maxi et en partageant quelques liens informatifs.

Pour en revenir à NiCox, les actionnaires ont eux aussi leur espace de conversation sur le web, c’est nicox.blogspot.com, le « Blog non officiel consacré à la société biopharmaceutique Nicox afin d’échanger des informations et commenter l’actualité entre actionnaires ». Les analystes, eux, taillent la bavette sur Easybourse et Boursorama.

Bref, quand la conversation est technique et que les enjeux économiques et médicaux sont importants, le web joue bel et bien son rôle social et les échanges se font. Même en plein week-end à ralonge de mai. Le temps maussade y est, il est vrai, peut être pour quelque chose !

Et pour NiCox, réponse définitive en juillet. Alors acheter ou pas ?

Parler différemment de la recherche clinique

Vous l’avez peut être remarqué, ce début de semaine ensoleillée (au moins à Paris) a mis à l’honneur la recherche clinique, dans les médias, et sur le web bien entendu.

J’avais récemment ici parlé de l’initiative de l’Institut Lilly qui abordait la vision des français de la recherche clinique, depuis hier est disponible un site de référence et une campagne de sensibilisation sur le terrain, qui ont pour vocation d’apporter une information complète en réponse aux questions que se posent les français sur la recherche clinique, et surtout d’humaniser cette part de recherche médicale parfois méconnue.

Témoignages de participants, de médecins, idées reçues, FAQ, présentation des métiers, décodage de ce qu’est la recherche clinique sont au rendez-vous sur le site notre-recherche-clinique.fr.

Et plus encore, la possibilité de localiser des essais cliniques en cours en France depuis un répertoire d’essais à promotion industrielle ou académique, d’entrer en contact avec les promoteurs de ces essais et même celle de se porter e-volontaire, sain ou patient, dans différents domaines de recherche.

Côté web 2.0, rendez vous sur FacebookTwitterDailyMotion notamment, pour interagir et accéder différemment aux contenus du site notre-recherche-clinique.fr.

Cette initiative est portée par le Centre National de Gestion des Essais des Produits de Santé (CeNGEPS) et la Fédération Hospitalière de France (FHF) et a rassemblé en amont tous les acteurs impliquées en France, associations de patients, promoteurs, comités de protections des personnes, autorités de santé…

Voici un petit tour d’horizon des retombées web liés à cette opération du côté des blogueurs… :

Ou du côté des médias plus classiques, LCI, BFMTV, Le Figaro, France Télévisions pour n’en citer que quelques-uns.

Et comme il est de coutume dans la marine de ne jamais prononcer le mot qui désigne un certain mammifère à grandes oreilles amateur de carotte, si un souhait peut être fait dans le domaine de la recherche clinique, c’est que soit abandonnée la mention d’un autre mammifère habitué des laboratoires qui désigne les participants aux essais cliniques (cf. la plupart des titres évoqués ci-dessus dans les médias généralistes). Gageons que notre-recherche-clinique.fr pourra également faire changer les choses de ce côté ci aussi ;)

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Déclaration d’intérêt : une fois n’est pas coutume sur biogeekblog et pour être tout à fait transparent, je fais la promotion d’une initiative dans laquelle j’ai un intérêt du fait du contrat qui me lie avec les porteurs de ce projet, auxquels j’apporte mon assistance éditoriale.

#health2eu : mes 10 premières impressions

Dix impressions personnelles, à chaud, sans hiérarchie particulière, après les 2 jours #health2eu, pardon, Health 2.0 Europe, un événement riche en informations, discussions, idées et rencontres…

1- Twitter est devenu l’outil incontournable pour accompagner un tel événement. Pour s’en rendre compte il suffit de consulter les statistiques du hashtag officiel #health2eu (3,232 tweets, 320 contributeurs ce matin) et les données brutes compilant deux jours de tweets : impressionnant !

2- Des interactions avec le public, par sondage en direct qui permettent d’orienter les débats, notamment durant les sessions de questions / réponses.

3- La Pharma qui se cherche encore dans l’environnement santé 2.0 : sponsor, partenaire des réseaux de patients, porteuse de messages de santé publique, acteur de recherche… ? A ce titre et en lien avec le point précédent, une contradiction dans la perception du rôle de la Pharma sur le volet recherche : à propos des relations entreprises de santé / réseaux de patients, moins de la moitié de l’auditoire pense que l’implication des entreprises pharmaceutiques peut être bénéfique, dans le même temps 60% du public voyait dans les réseaux de patients des outils utiles pour la recherche clinique…

4- Des présentations compliqués d’outils simples (voir d’outils compliqués) mais aussi des présentations simples d’outils novateurs. J’ai une préférence pour la seconde option. A ce sujet, les trois présentations et services qui m’ont le plus marqué : la plate-forme de partage de cas cliniques medting.com, l’expérience des patients britanniques pour améliorer les services du NHS patientopinion.org.uk ou les  600 fils RSS médicaux compilés par medworm.com.

5- De belles rencontres, tweeter, bloguer c’est virtuel mais cela amène à des rencontres dans la vraie vie, et c’en est d’ailleurs tout l’intérêt : des rencontres de superstars de la santé 2.0 (@berci, @jamie_heywood, @supergelule) ou de simples congressistes… Toujours sympa de mettre un visage et une voix derrière un twitter ou un blog !

6- Une organisation militaire millimétrée et hyper bien timée, qui change des événements franco-français qui dérivent parfois en longueur pour non respect de l’agenda.

7- Des outils pour évaluer, noter, apprécier les service de santé et notamment l’hôpital, comme Le Guide Santé en France.

8- Des références toujours utiles aux fleurons de la technologie française : le TGV et le Minitel !

9- Des autorités françaises encore un peu frileuses par rapport au web 2.0 : l’AP-HP qui « ne déconseille, ni ne recommande les réseaux sociaux aux patients », la HAS qui reconnait officiellement la certification Health on the Net, mais, mais… voir à ce sujet le post de @grangeblanche qui partageait ses réactions à distance via twitter et le lancement du futur meme #jeneconnaispas.

10- Des blockbusters US de la santé 2.0 (PatientsLikeMe, Sermo, Google Health…) mais aussi des blogueurs frenchy qui bousculent le paysage de l’information santé, à l’occasion de  la très intéressante table-ronde du deuxième jour animée par Lucie @RPsante.

Plein de choses encore à digérer avant d’en dire plus… En attendant, bravo aux organisateurs, bénévoles et sponsors de cet événement.

DSACDAD, Dr. House : précisions :)

En complément de ma note d’hier 1er avril, quelques précisions pour vous rassurer : je ne suis pas atteint de DSACDAD et l’Havidol est une oeuvre parodique, plutôt très réussie, de l’artiste australienne Justine Cooper, inspirée du marketing pharmaceutique en mode direct to consumer.

A propos de Dr. House, si la publication sur les travers éthiques des séries médicales est bien réelle, le recours à Novoseek par le comédien pour préparer ses rôles ne l’était pas mais était une pure blague de 1er avril de Novoseek que j’ai volontiers relayé ;-)

Et toujours à propos de poisson d’avril je signale cet excellent article info / intox publié hier par le Monde, où il est encore question de médicament !

(L’illustration sur les bienfaits de l’huile de foie de morue, 1er avril oblige, vient de chez CremeDeMorue)

Connaissez vous le DSACDAD ?

En bon geek et mac-addict qui me respecte, j’avoue ma fébrilité à l’approche de la possibilité prochaine de mettre la main sur le joujou magique de Saint-Steve, je veux bien sûr parler de l’iPad !

Je sais pourtant qu’il est sage de ne pas se jeter sur la première version des produits Apple, de laisser les vrais fous furieux essuyer les plâtres (comprendre : les bugs) et d’attendre sereinement, l’air détaché, la v.2 voir la 3, forcément plus stable et améliorée après les retours sur la v.1.

Mais l’addiction, et donc l’envie, est trop forte, j’avoue posséder dans mes tiroirs une brique un iPod première génération acheté à prix d’or fin 2001 (3490 Francs à l’époque !) et à chaque nouvelle fournée de matériel siglé de la pomme, la tentation est grande de ne pas me précipiter chez le premier revendeur ayant pignon sur rue…

Mais une trouvaille sur le web me fait entrevoir la lumière au bout du tunnel.

Je m’explique.

Ne serais-je pas tout simplement atteint de DSACDAD ?

DSACDAD ? Kesako ?

Le DSACDAD, ou « Dysphoric Social Attention Consumption Deficit Anxiety Disorder » est une affection psychiatrique qui correspond à un syndrome anxieux doublé de troubles de l’humeur liés à une non satisfaction conséquente à l’acte de consommation, triplé d’une forme de phobie sociale (Pas sur de la traduction, j’ai cherché dans le DSM V, mais n’ai rien trouvé…).

Oui, je me sens plein de puissance quand je suis en mode multitâches, complètement vidé après une journée entière de shopping, je préfère toujours la nouveauté aux choses anciennes, oui la vie me semble plus belle quand je possède plus que les autres… Ce quiz que je viens d’effectuer, me permet de mettre un nom sur ce mal-être qui grandit à chaque keynote de Steve Jobs : « DSACDAD »… et la solution existe et elle s’appelle Havidol.

Havidol est le traitement de référence du DSACDAD. Cette nouvelle entité chimique, l’Avafynetyme HCI (voir ci contre), issue de la recherche du laboratoire Paradise Pharmed, est un agoniste des récepteur de l’Hédonine, hormone impliquée dans le fonctionnement du système de récompense / renforcement.

Je n’ai malheureusement pas trouvé beaucoup d’informations sur le web sur la disponibilité de l’Havidol dans les officines françaises, et je pense contacter directement Justine Cooper, la responsable du laboratoire pour en savoir plus sur les moyens légaux de me procurer ce médicament prometteur :


Une visite du site Havidol.com (Attention celui-ci ne s’adresse qu’aux citoyens US), est néanmoins utile pour tout comprendre de cette maladie et de son traitement, tout en notant, que comme avec tout médicament, des risques existent et que des effets indésirables peuvent survenir, comme le sourire terminal (?), les achats compulsifs ou l’envie de changer de médecin… (voir le détail dans le RCP).

Alors plutôt que de vivre dans le malaise d’ici la sortie de l’iPad, j’ai choisi de prendre les choses en main, et je vais de ce pas écrire mon mail à Mme Cooper

Novartis et PatientsLikeMe s’associent dans la transplantation

PatientsLikeMe a annoncé hier la création d’une douzième communauté au sein de son réseau de patients. Cette nouvelle communauté rassemble des personnes transplantées et est développée en partenariat avec Novartis, laboratoire présent sur le marché des médicaments de transplantation.

Novartis avait déjà établi un partenariat avec le réseau PatientsLikeMe en 2008, dans le domaine de la recherche clinique en sensibilisant les membres de la communauté à un essai clinique sur la sclérose en plaques. Le partenariat signé hier par Novartis est à rapprocher de celui établi dans le domaine de l’épilepsie par UCB il y a quelques mois.

Même si les détails, financiers notamment, du deal ne sont pas connus, on peut supposer que Novartis aura une forme d’accès privilégié aux données échangées par les patients transplantés : indicateurs de qualité de vie, symptômes, traitements…

Ben Heywood, co-fondateur de PatientsLikeMe sera présent à Paris en avril prochain pour la conférence Health 2.0 Europe, certainement une occasion de rentrer dans le détail des nombreux partenariats tissés par le réseaux, notamment avec les acteurs de la Pharma et de la Biotech.

[illustration : PatientsLikeMe]

FDA, Pharma et web social : le débat est ouvert

En novembre 2009, la FDA a organisé une audition publique avec les parties prenantes de la communication sur les produits de santé sur le web et dans les médias sociaux. Aujourd’hui sont accessibles sur le site regulations.org, les positions et commentaires des parties prenantes en réponse à la consultation de la FDA, dont celles présentées par des industriels de la santé (AstraZeneca, Lilly, Pfizer, Medtronic…), des acteurs du web santé (WEGOhealth, PatientsLikeMe…), des agences (Publicis, Edelman…), des associations et sociétés savantes, ou des bloggueurs comme John Mack et son Pharma Marketing Blog.
Parmi ces positions, figure celle présentée collectivement pour les industriels pharmaceutiques par PhRMA, le syndicat US de la pharma, à laquelle je me suis intéressé.
Pour une vue large sur cette audition publique, ses suites et les nombreuses ressources disponibles, le site FDAsm.com agrège toutes les informations et conversations sur ce thème et mérite une longue visite.

En préambule, il faut signaler que ce débat est très orienté US et est donc marqué par le contexte de la communication santé sur le web aux USA : taux d’adoption des médias sociaux particulièrement élevé, en santé notamment, publicité grand public autorisée pour les produits soumis à prescription médicale, enjeux juridiques et légaux majeurs pour les laboratoires…
Néanmoins, l’existence même de ce dialogue piloté par la FDA témoigne de l’évolution apportée globalement par le web et les nouvelles technologies dans les échanges concernant la santé et il est intéressant d’en observer les enjeux de notre point de vue européen et français.

Pour en revenir à la position de PhRMA, son objectif peut se résumer à la définition de standards pour communiquer en ligne sur les produits de santé régulés par la FDA, de manière responsable, par les fabricants de ces produits.

En effet, il est maintenant acquis que le web et le web 2.0 sont de plus en plus utilisés pour accéder et échanger des informations sur la santé et les médicaments, et que la question de la qualité et de la véracité de ces informations se pose en permanence.
Par ailleurs dans le constat de départ, il est important de garder en tête que le web ne peut pas donner toutes les réponses aux interrogations des internautes mais peut provoquer un nouveau dialogue entre tous les acteurs : patients, médecins… et industriels !

PhRMA note l’évolution nécessaire de la réglementation actuelle qui est adaptée aux médias et à la communication traditionnelle vers une réglementation adaptée aux nouveaux outils et nouvelles manières d’intéragir (messages courts, mobilité par exemple). Le syndicat note que la FDA et généralement le gouvernement US font déjà une utilisation massive des technologies 2.0 : blogs, réseaux sociaux, vidéo… L’industrie souhaite mettre à profit ces outils et entrer dans la conversation à son tour !

PhRMA invite donc la FDA à faciliter l’accès à une information santé rigoureuse, vérifiée et scientifiquement exacte, concernant les marchés et produits qu’elle régule, et notamment à faciliter l’accès à l’information des fabricants soumise à contrôle de la FDA.
De plus, l’argument de la diffusion sur le web de médicaments non autorisés, issus de marchés illicites, contrefaits, incite les indutriels à demander à la FDA d’imaginer des façons de communiquer en phase avec ces nouveaux outils, permettant aux utilisateurs finaux de faire la distinction entre les produits originaux et ceux présentant des risques.

Un symbole universel garantissant l’information sur les médicaments

Parmi ces propositions, l’industrie pharma souhaite introduire le concept d’information « contrainte par l’espace », une information courte, préliminaire (« brief introduction ») incluant des informations minimales sur le produit : sa désignation, son indication, un message rappelant les risques liés à sa consommation et un lien vers une information complète et validée réglementairement par la FDA.

Par ailleurs, PhRMA propose de créer un symbole universel – un logo FDA par exemple – pour tagger et garantir cette information courte sur les produits régulés, qui incluerait un lien vers les informations complètes, notamment sur le rapport bénéfice/risque, sur une page validée réglementairement.

Pour les résultats de recherche, et notamment pour ceux qui amènent des liens publicitaires (Google AdWords par exemple), idem, PhRMA demande à pouvoir afficher cette « information réduite », avec lien vers l’information complète : cette proposition est la réponse des industriels aux warning letters de la FDA en 2009 qui mettait en garde les laboratoires sur l’utilisation des liens sponsorisés Google qui correspondait à la diffusion d’informations incomplètes allant à l’encontre de la réglementation.

PhRMA met également en avant le microblogging (twitter en tête) comme outil utile à la diffusion de l’informations santé, et dans lequel la FDA s’est largement engagé (voir le compte @FDA_drug_info). Les industriels souhaitent pouvoir communiquer sur les médicaments et en particulier sur les événements réglementaires qui leur sont liés, approbation, nouvelles indications, rappels de lots… Les laboratoires veulent twitter de manière responsable, avec des liens vers des contenus complets en accord avec la réglementation.

Traquer et corriger l’information erronée

Comme mentionné dans la position de PhRMA…

« Social media have expanded the opportunity for the public to publish their thoughts but have decreased the ability of manufacturers to identify and correct inaccurate information about their products ».

La pharmacie US veut avoir la possibilité de corriger les informations erronées diffusées sur ses produits, notamment sur les blogs ou les wikis (sidewiki, wikipedia), qui peuvent entraîner des risques pour la santé publique, sans que cela soit considéré comme de la publicité par la FDA avec en conséquence une communication contrainte réglementairement.

La problématique de responsabilité des fabricants devant les informations diffusées sur le web par des tiers se pose également : les laboratoires avouent de pas pouvoir monitorer l’intégralité de ce qui est dit sur leurs produits sur le web, et ils ne peuvent et ni veulent être tenus pour responsable de toute l’information circulant.

Afin de dessiner une frontière claire sur le niveau de responsabilité, PhRMA propose plusieurs critères pour cerner les sites web dont les industriels seraient responsables en terme de contenu : des sites web entièrement contrôlés et financés par l’industriel, ou des sites sur lesquels le laboratoire administre le contenu (il peut éditer, modifier, supprimer le contenu généré par un tiers). Dans ces cas, la régulation FDA sur la promotion et l’information des produits s’appliquerait, même si les commentaires d’un tiers sur ces sites de ne devraient pas être considérés comme un message de promotion dont le laboratoire serait responsable.
Par ailleurs, PhRMA proposer d’identifier les personnes affiliées au laboratoire et qui contribuent à des contenus sur le web, une déclaration d’intérêt serait alors accessibles en lien avec ces contenus, PhRMA fait une référence dans ce cadre à la position de la FTC sur la rémunération des bloggeurs.

Le casse-tête des effets indésirables ?

Concernant les effets indésirables qui sont partagés par les patients, il y a nécessité de canaliser les informations pour ne retenir que celles qui sont pertinentes et pour lesquelles le lien de causalité peut être établi.
Les laboratoires ont en effet l’obligation de rapporter à aux autorités les effets indésirables dont ils ont connaissance, afin de faire évoluer les connaissances sur les produits et leurs modes d’utilisation.
A nouveau se pose le problème du volume et de la véracité des informations diffusées en ligne, PhRMA souhaite que ne soient retenus que les effets pour lesquels quatre critères essentiels pour déclencher un rapport d’effet indésirable sont présents, selon la réglementations US : un patient identifié, une personnes identifiée qui rédige le rapport d’effet indésirable (le plus souvent un médecin), pour un médicaments et un effet indésirable.

Sur le web, ces critères sont difficilement transposables, le patient étant en général le reporter, parfois anonyme, et pas toujours facilement identifiable et joignable.
A ce titre, les laboratoires souhaitent ne retenir que les effets indésirables exprimés par des personnes qu’ils peuvent facilement contacter. Quand une information est trop vague pour déclencher un rapport d’effet indésirable, l’industriel souhaite pouvoir poster un message qui incite la personne qui a diffusée l’information à le contacter pour une investigation complète.
Dans le même temps, les sites promotionnels de la pharma ne doivent pas avoir pour objet de rapporter des effets indésirables, les laboratoires préférant indiquer qui contacter au sein du laboratoire ou de la FDA.
Enfin, le cas des sites tiers de reporting d’effet indésirable est évoqué. Les industriels monitorent ces sites mais ne souhaite pas à avoir à traiter tous les effets qui y sont répertoriés. En effet, ils préféreront privilégier l’approche « Sentinel » de la FDA, ou développer des espaces web dédiés à collecter les effets indésirables, selon le cadre réglementaire en vigueur.

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La FDA statuera t’elle en 2010 par des guidelines sur le web social et l’information sur les médicaments ? Et le sujet suscitera t’il les mêmes débats en Europe ?

A suivre…

Santé, biotech : qui innove en 2010 ?

Fast Company vient de publier son top des 50 entreprises les plus innovantes de ce début 2010.

Speed

Deux catégories ont retenu mon attention, Health Care et Biotech, et voici une lecture synthétique de ce que l’on peut en retenir :

Côté santé, plusieurs tendances se dessinent :

  • Le développement des dossiers médicaux électroniques (EMR) : Athenahealth (#3 santé #43 global) et son EMR en ligne pour diminuer la paperasse au cabinet médical, ou la HMO Kaiser Permanente (#5 santé) qui travaille avec le département des Vétérans US pour développer les échanges de données médicales et l’interopérabilité des systèmes. GE est également dans la course,
  • Le succès confirmé du modèle de réseau social en santé, tant pour les patients, avec PatientsLikeMe (#2 santé #23 global) ou que pour les professionnels, avec Sermo (#4 santé),
  • Les applications basées sur le web pour répondre à de nouvelles attentes des patients, AmericanWell (#10 santé) et la consultation médicale en ligne, ou encore à nouveau Athenahealth qui s’adresse aux médecins,
  • Des innovations « en dur » : les dispositifs ultra-portables (échographie, ECG…) pour GE (#1 santé #19 global), la robotique médicale pour Intuitive Surgical (#7 santé), les implants rétiniens pour Second Sight (#9 santé),
  • Et encore, l’éducation thérapeutique le coaching personnalisé dans les maladies chroniques pour la chaîne de pharmacies Walgreen (#6 santé) ou les solutions de médecine à distance en zone rurale pour Cisco System (#8 santé #17 global).

En biotech, 8 entreprises parmi les 10 classées le sont avec des applications pour la santé :

  • Les vaccins et particulièrement de nouvelles techniques de production industrielle pour Novartis (#1 biotech, #8 global) et Novavax (#9 biotech), mais aussi les médicaments issus des biotech, que sont anticorps monoclonaux et protéines recombinantes pour Roche/Genentech (#4 biotech) et Regeneron Pharmaceuticals (#10 biotech)
  • La médecine régénératrice basée sur les propriétés des cellules souches pour Cytori Therapeutics (#3 biotech) et Osiris Therapeutics (#6 biotech),
  • Les applications issues de la connaissance du génome et du développement des -omics (voir mon post récent à ce sujet) : médicament développé sur une hypothèse génétique pour Human Genome Sciences (#5 biotech),
  • Enfin, la stratégie de Biogen Idec (#5 biotech), que l’on aurait pu retrouver également dans la catégorie Health Care, qui développe des programmes d’accompagnement des patients traités par son médicament phare contre la sclérose en plaques.

Il faut noter que Biotech et Health Care sont distingués par Fast Company, peut être de manière délibérée pour faire rentrer plus d’entreprises dans les différents top ? ce qui signifierait, et confirmerait que biotech et santé sont des secteurs étroitement liés et porteurs d’innovation !

Même si la majorité des entreprises citées et classées est nord-américaine – quelques acteurs européens sont présents en bonne place dans la catégorie biotech – Fast Company propose des focus régionaux sur l’Inde et sur la Chine.

Et l’entreprise la plus innovante pour Fast Company en ce début d’année 2010 ? 15 millions de Français en sont « client » ou l’ont au moins utilisé une fois, vous voyez de qui je veux parler ?

[photo : tubes / flickr]

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